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France : Une taxe à 75 % ? Les sociétés délocalisent leurs cadres supérieurs.
Les fonctions clés de l’entreprise sont basées à l’étranger et se préparent les baisses de rémunération pour ceux restant en France. La taxe aura donc un effet négatif sur les recettes fiscales du l’Etat.
« J'ai recruté trois cadres américains en France. Ils sont partis récemment » confie le PDG du C.A.C. 40. Ils exercent les mêmes fonctions, mais basés ailleurs.
Leur travail profitera toujours à l'expansion internationale d'un fleuron de l'industrie française…
La taxation à 75 % des revenus supérieurs à un million d'euros n'est pas votée à ce jour, mais elle fait des ravages, dès maintenant ; Elle fait fuir dirigeants et cadres, même ceux qui sont encore loin de gagner une telle somme.
Le premier ministre anglais, n'a pas besoin de dérouler le tapis rouge aux entreprises françaises. La capitale leur sert d’ores et déjà de refuge. C'est à Londres qu'un groupe Français vient d'installer un manager, débauché aux États-Unis dans une société d'ascenseurs, mais refusant de rentrer dans l'Hexagone.
Vous ne trouverez plus aucun cadre étranger acceptant de venir à Paris assure le patron d'un groupe de luxe.
Des dirigeants allemands, espagnols, italiens ou suisses occupant de hauts postes au sein de groupes français, pourraient être tentés d'exercer leurs fonctions en étant basé hors de France.
Quid des bonus ?
Pour les managers en poste dans l'Hexagone, la taxe à 75 % est vécue comme une injustice et déstabilise l'ensemble du management. La foudre fiscale ne s'abattra que sur les dirigeants domiciliés en France, et non leurs collègues étrangers, qu'ils côtoient au comité de direction.
La taxe à 75 % déstabilise même ceux qui ne sont pas concernés. On observe des inquiétudes de collaborateurs s’interrogeant sur leur déménagement à l'étranger, confie le patron d'un fleuron de l'industrie français, qui n'a nullement l'intention de partir.
Limiter les rémunérations à un million d'Euros :
Pour limiter l'impact immédiat pour les salariés concernés, les directions des ressources humaines pourraient décaler le versement des bonus, le temps de laisser passer l'orage fiscal. À la condition que la mesure ne soit pas éternelle…Les grandes sociétés sont prêtes à adapter, pour 2013, les rémunérations de leurs principaux dirigeants basés en France. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne fera pas de cadeau à l'État, confie un membre de comité exécutif d'un des principaux groupes français, qui a calculé que, s'il coûte 3,5 millions d'euros par an à sa société, il ne lui reste plus, après le paiement des charges patronales et sociales, puis le règlement de ses impôts, que 750 000 Euros. Si la loi passe, on sera payé un million d'Euros et pas un Euro de plus.
Un avis partagé par des gestionnaires d'actifs anglo-saxons présents au capital de grands groupes français. Leurs représentants ont prévenu les mandataires sociaux qu'ils refuseraient d'accepter toute rémunération supérieure à un million d'euros, lors des prochaines assemblées générales.
Une véritable incitation à la délocalisation fiscale.
Date : 23.07.2012.
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