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Londres : la taxe sur les bonus pourrait rapporter plusieurs milliards de Livres Sterling.

Les établissements financiers Londonien semblent choisir d’attribuer des bonus à leurs employés et donc de payer la taxe.

Les délocalisations dans le secteur sont pour l'instant limitées.

L'impôt exceptionnel de 50 % sur les sommes mises de côté par les banques en Grande-Bretagne pour payer des bonus à leurs employés, pourrait rapporter beaucoup plus à l'Etat que les 550 millions de livres initialement estimés.

Selon le « Financial Times », qui a obtenu ce chiffre de fonctionnaires du Trésor, de nombreux banquiers tableraient sur une somme plus proche de 4 milliards de Livres Sterling.

Pas de quoi combler un déficit budgétaire estimé cette année à environ 180 milliards (plus de 12 % du PIB) mais les finances publiques britanniques vont s'en trouver marginalement améliorées.

Ce n'était pas le but directement visé par le gouvernement, qui a essuyé de violentes critiques de la part des banques, et notamment de l'association des banquiers britanniques, mais a été largement soutenu par les économistes et le grand public.

Dès l'annonce de cette taxe, les observateurs extérieurs, et notamment le gouvernement français, qui a été le seul à suivre son homologue britannique, ont accueilli l'estimation avec une grande perplexité.

On estime à plus de 50.000 le nombre de banquiers ou traders qui, à Londres, reçoivent chaque année des bonus substantiels.

Après un bon exercice 2009, la somme des bonus devrait atteindre 6 à 12 milliards de livres - c'est en tout cas ce qui était estimé avant la mise en place de la taxe.

Dernières finesses de la loi :

Le gouvernement avait d'abord estimé à 20.000 le nombre de banquiers affectés par cet impôt exceptionnel. Les établissements de la City sont toujours en train de démêler les dernières finesses de la loi et il est encore difficile de donner un chiffre plus précis, selon Jon Terry, de PricewaterhouseCooper.

On sait que l'ensemble des activités de tous les établissements bancaires - britanniques et étrangers -sont affectées, y compris les départements de gestion de fonds, bien qu'il y ait des exceptions pour certains personnels comme les spécialistes de fonds mutuels.

On sait également que les sociétés de courtage et de gestion indépendantes (brokers, « hedge funds », gérants de « private equity »…) sont épargnées, sauf pour celles qui sont estampillées par l'autorité des services financiers (FSA) comme devant recevoir le plus haut niveau de régulation.

Les menaces de délocalisations se sont multipliées, la plus récente faisant état de réflexions chez Goldman Sachs.

La problématique de la compétitivité de la City dépasse la taxe sur les bonus puisque le taux marginal de l'impôt sur les revenus va être relevé de 40 % à 50 % à partir de la prochaine année fiscale, en avril.

Aujourd'hui, la fiscalité londonienne est une des plus défavorables d'Europe, mais pas forcément pour longtemps, et Londres à d'autres avantages. Les équipes les plus faciles à déplacer peuvent l'être dès maintenant mais représentent un faible nombre ; ce n'est qu'après les élections qu'il y a un risque de départs plus nombreux. »