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Le Liechtenstein : Une place financière respectable.
À partir de 2015, tout argent « noir » perdurant dans les comptes des banques entraînera des pénalités financières.
Un milliardaire allemand désirait déposer plusieurs millions de francs suisses non déclarés dans une banque du Liechtenstein. La réponse fut cinglante : une fin de non-recevoir catégorique, agrémentée d'un avertissement.
Le milliardaire était en réalité un journaliste du tabloïd Blick, qui voulait mesurer le sérieux de deux des plus grandes banques du Liechtenstein - la LGT et la VP Bank.
Le Liechtenstein ne badine plus avec l'argent non déclaré. Après la révélation d'un vaste scandale d'évasion fiscale de l'Allemagne vers le Liechtenstein, en février 2008, Vaduz veut réussir sa mue et passer du statut d'ancienne juridiction non coopérative à celui de place financière respectable.
Il en va de la survie de ce petit pays de 35 000 habitants niché entre la Suisse et l'Allemagne et dont les services financiers représentent pour 30 % du PIB.
En 2008, la principauté a vu fondre ses réserves: en une année, la fortune placée dans ses coffres est passée de 171 à 121 milliards de francs suisses. La chute semble s'être enrayée. Au premier semestre 2009, les trois principales banques du pays, LGT, LLB et VP Bank, n'auraient enregistré que 2,9 milliards de francs de retraits de fonds.
14 accords bilatéraux :
Depuis la déclaration du Liechtenstein, le 12/03/2009, qui marque la sortie de la liste grise de l'OCDE et l'adhésion à ses normes en matière d'entraide fiscale, le pays s'est engagé, au travers 14 accords bilatéraux avec des États membres de l'Union européenne, dont la France, à pratiquer une relative transparence en matière bancaire.
En août 2009, elle a passé une étape supplémentaire, en négociant avec la Grande-Bretagne un accord spécial. La principauté s'engage à ne plus accepter, après 2015, l'argent non déclaré de citoyens britanniques et s'assurera que ces derniers ont enregistré leurs avoirs auprès de l’administration fiscale britannique.
Les grandes banques du pays ont pris les devants :
À partir de 2015, tout argent noir perdurant dans leurs comptes entraînera de lourdes pénalités financières de la part de l'administration fiscale.
Les clients habitués à placer leur argent au Liechtenstein vont-ils se plier à ces contraintes futures ? Ne risquent-ils pas de se rabattre sur d'autres places financières moins sujettes à la pression internationale et aussi avantageuses fiscalement ?
Les autorités du Liechtenstein prennent un risque calculé, et la protection de la sphère privée des investisseurs demeurera un facteur important à l'avenir.
Prochainement orphelin de son sacro-saint secret bancaire et forcé de coopérer avec les grandes capitales européennes, le Liechtenstein se repose sur la fidélité de sa clientèle traditionnelle (suisse, allemande et autrichienne) et de l'expertise reconnue de ses institutions financières en matière de placements de fonds.
Date : 12.12.2010.
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