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Les débuts difficiles de la présidence française du G20 :

Le plus dur est à faire pour la présidence française du G20. Les ministres des finances du G20 se sont entendus sur des d'indicateurs visant à évaluer les déséquilibres macroéconomiques et nécessitant des mesures correctives, afin de permettre une croissance mondiale forte, durable. Les négociations ont été franches et parfois tendues.

Il s’agit là d’une première étape. Il reste, en effet, à donner un contenu à ces lignes directrices, qui ne seront d'ailleurs qu'indicatives et non contraignante.

Les ministres des Finances du G20 se sont donné jusqu'à leur réunion d'avril prochain à Washington pour une deuxième étape.

Il faudra encore surmonter les lignes rouges des intérêts nationaux, auxquelles les ambitions de Paris se heurtent d'entrée de jeu ce week-end, malgré les exhortations du président Nicolas Sarkozy à continuer à avancer ensemble, même s'il n'y a plus l'urgence de la crise financière de 2008-2009.

La position de la France n’a pas été entendue :

Une fois encore, et, malgré le ton conciliant adopté depuis un an par Nicolas Sarkozy envers Pékin, la Chine est le partenaire le plus difficile. Cette hyperpuissance reste une des principales clefs du succès ou de l'échec de la présidence française du G20.

Si la délégation chinoise du G20 a finalement accepté de retenir la balance des paiements courants parmi les indicateurs et de tenir compte des taux de change dans leur évaluation, le critère des réserves de change a, par contre, été écarté du fait de son refus.

Cela démontre combien les négociations futures s'annoncent difficiles, dès lors lorsqu'il faudra s'entendre sur des engagements chiffrés.

Le G20 admet la nécessité de tenir compte, dans l'évaluation des déséquilibres mondiaux, des situations nationales ou régionales, y compris celle des grands producteurs de matières premières dans le monde.

Ils ne l'ont de toute évidence pas écouté : c'est sur ces critères qu'ils se sont écharpés pendant toute la réunion.

Cela n'augure guère des discussions prochaines lorsque les dirigeants du G20 en viendront à discuter de l'agenda fixé par Nicolas Sarkozy : la réforme du système monétaire international.

Réussir ce challenge :

Aux refus de Pékin risquent tout prochainement de s'ajouter à celles des Etats-Unis, décidés à défendre la prééminence du dollar. La présidence française admet qu'il n'était pas question de révolutionner le SMI en un an.

Une question déjà posée par certains partenaires de la France risque inévitablement de revenir dans les mois qui viennent : le président français n'a-t-il pas pêché par excès d'ambition en proposant au G20 de s'attaquer à des chantiers trop vastes?

Il reste un peu plus de huit mois à la France et à ses partenaires du G20, jusqu'au sommet de Cannes, au début du mois de novembre prochain, pour lui donner raison et de contribuer à sa campagne pour l'élection présidentielle de 2012.

Ne pas froisser la Chine toute puissante:

Les pays du G20 réunis à Paris sont parvenus ce samedi à un accord sur des critères d'évaluation de leurs déséquilibres économiques. Cet accord évite toute référence directe aux points de friction constatés avec la Chine. La France a annoncer un premier succès à l'issue de la réunion des ministres des Finances du groupe rassemblant 85% de l'activité économique du monde.

La ministre de l'Economie française n'a pourtant pas caché que l'accord avait été difficile à trouver. Les négociations ont été franches et toujours très respectueuses et elles ont fait l'objet d'un compromis final dont on ne peut pas dire qu'il est attribuable à tel ou tel", a-t-elle déclaré.

L'issue des discussions entamées et poursuivies pendant la nuit par les sherpas des délégations du G20 et reprises samedi matin par les ministres, est restée incertaine jusqu'au dernier moment, du fait de l'opposition de la Chine à toute référence aux réserves de change et aux transactions courantes pour mesurer les déséquilibres mondiaux.

Réaffirmant la volonté des pays membres de coordonner leurs politiques pour parvenir à une croissance économique forte et équilibrée, le G20 explique dans son communiqué, d'ici sa prochaine réunion ministérielle, en avril prochain à Washington, un accord sur des lignes directrices indicatives pour l'évaluation des indicateurs de déséquilibres mondiaux ; dette et déficits publics, taux d'épargne, endettement privé, déséquilibres extérieurs, flux nets de revenus d'investissement et des transferts, en tenant pleinement compte du taux de change et des politiques budgétaire, monétaire ou autre.

La Chine, premier exportateur mondial et deuxième puissance économique de la planète, s'emploie à réduire son énorme excédent commercial (plus de 130 milliards d'euros en 2010). Elle dispose parallèlement des premières réserves de change mondiales, estimées à plus de 2.000 milliards d'Euros. La phase d'évaluation des indicateurs retenus devra prendre en compte les circonstances nationales, y compris celles des grands producteurs de matières premières (Arabie saoudite, Brésil, Argentine et Australie).

Lors du sommet des dirigeants du G20 à Séoul en novembre dernier, plusieurs pays, parmi lesquels figurait l'Allemagne, avaient rejeté une proposition de l’administration américaine visant à fixer des limites chiffrées en matière de déficit ou d'excédent courant.

Reprenant une autre des priorités de la présidence française du G20, les pays du G20 ont émis le souhait d'une amélioration du Système Monétaire International (S.M.I.) ; ils affirment leur volonté d'éviter les fluctuations déstabilisatrices des flux de capitaux et les mouvements désordonnés des taux de change.

Washington accuse la Chine d'entretenir la faiblesse de sa monnaie pour doper ses exportations ; Il existe un consensus sur le fait que les grandes économies, pas seulement l'Europe, le Japon et les Etats-Unis mais aussi les grandes économies émergentes, doivent permettre un ajustement de leurs taux de change pour répondre aux forces des marchés.

Les grandes puissances émergentes (Chine, Brésil) reprochent aux Etats-Unis de provoquer des distorsions dans les flux de capitaux mondiaux par le biais de leur politique monétaire d'injections massives de liquidités sur les marchés financiers.

Le débat sur le S.M.I. sera au centre d'un séminaire du G20 fin mars à Shenzhen, en Chine.

Quant à la lutte contre la volatilité des prix des matières premières, elle n'a réalisé aucune avancée notable lors de la réunion de Paris. Un groupe de travail y sera consacré.

Date 19.02.2011.