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Le G20 fut vain :
JACQUES ATTALI (26 SEPTEMBRE 2009).
Malgré le matraquage médiatique pas un spécialiste compétent ne peut prendre au sérieux ce qui s'est joué à Pittsburgh lors du G20.
Certes le G 20 a eu lieu et c'est mieux que rien mais ce n'est pas nouveau : Depuis exactement 20 ans, le sommet de l'Arche, qui s’est tenu le 14 juillet 1989 à Paris, des chefs d'état du sud participent au G7.
Les pays du Sud n’ont fait que réaffirmer au G20 la nécessité de renforcer la place de l’Inde et de la Chine au sein du FMI, au détriment de l’Europe, sans pourtant que les Etats-Unis y perdent leur droit de véto et sans que l’Afrique subsaharienne ne soit convenablement représentée.
Certes le diagnostic de la crise fut correctement posé: l'insuffisance des fonds propres et du contrôle des banques.
Mais rien de concret n'a été décidé pour pallier à ces causes, pour remédier à ses conséquences et pour éviter son retour.
En effet, rien n’est prévu pour mettre en œuvre des déclarations d’intention promettant d’harmoniser les fonds propres des banques européennes et américaines des banques… en 2012.
De surcroît, le G 20 souhaite que les fonds propres nécessaires pour couvrir les risques de la spéculation pour compte propre soient plus élevés. Cependant, aucune décision ne précise quelle instance mettra cela en place.
Le communiqué du G20 enterre définitivement la nécessaire séparation entre les métiers de banquier commercial et de banquier d’investissement. Cette confusion fut à la racine de la crise économique.
Pas de disposition non plus sur la régulation des métiers financiers non bancaires.
Aucun progrès donc vers la mise en place d’une Organisation Mondiale de la Finance, qui seule pourrait transformer ces judicieuses promesses en réalité. Rien sur les conséquences de la crise : sur les déficits publics (8% en France, + de 13% aux Etats-Unis !) sur le chômage, sur l’équilibre des monnaies et sur l’aide aux pays d’Afrique subsaharienne.
Rien enfin pour éviter le retour de la crise économique dont les solutions pourraient consister notamment en l’incitation à épargner d’avantage en Occident, améliorer sa productivité, former des talents, remplacer des matières premières rares et polluantes par des progrès techniques et des innovations.
Le G20 fut une manifestation d’un monde évoluant vers un dialogue Chine - Etats-Unis, donc vers un G2.
Ce G2 reconnait officieusement son impuissance à régler la crise économique et avoue que la relance publique devrait continuer à faire vivre le monde à crédit, laissant aux contribuables le soin payer les pertes des banquiers et les bonus des banquiers d’aujourd’hui.
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