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G20 de Pittsburgh : États-Unis, Grande-Bretagne et Allemagne sont les bons élèves.
Un mois à peine après le G20 de Pittsburgh, les meilleurs élèves sont précisément ceux que l'on n'attendait pas.
Un mois à peine après le G20 de Pittsburgh, les meilleurs élèves sont les États-Unis, la Grande-Bretagne et l'Allemagne.
Les USA:
L'Amérique ne voulait pas entendre parler d'un plafonnement des rémunérations. C'est elle qui édicte les règles les plus strictes sur le sujet.
La Banque Fédérale des Etats Unis exige des banques commerciales et d’investissement, portées par une politique à taux zéro, des mesures immédiates pour corriger leur politique de bonus.
Ainsi, les sociétés bénéficiaires d'aides fédérales doivent réduire de 90 % la part versée en cash, de plafonner les salaires de base à 500 000 dollars par an, et interdire les notes de frais supérieures à 25 000 dollars.
Au Royaume-Uni :
Les banquiers s'attendent à de confortables primes cette année. La chasse aux bonus bat.
Le gouvernement de Grande Bretagne s'est ouvert en accord avec les tories, pourtant peu suspects d'animosité envers la City de Londres.
Le chancelier de l'Échiquier du shadow cabinet du Parti conservateur a fait savoir le mal qu'il pensait des bonus distribués sur le dos des contribuables et des entreprises anglais en mal de crédits.
Il a ainsi demandé aux banques de détail de réduire à 2000 livres la part des bonus versée en cash cette année.
La Financial Service Authority (FSA), le régulateur financier britannique, quant à elle, opte pour un encadrement rigoureux des bonus. Cette recommandation a déclenché l'ire du président de la Barclays Bank PLC. Dans un entretien au Financial Times, le président de la Barclays Bank PLC s'est dit inquiet pour l'avenir des banques britanniques, si l'environnement réglementaire bancaire devenait plus sévère à Londres qu'ailleurs. En dévoilant son projet de directive sur les bonus, le patron de la Fed a en partie répondu à ses craintes.
Les traders londoniens ne trouveront pas de cieux plus cléments à New York.
C'était l'un des objectifs les plus aléatoires du G20 :
réglementer les activités financières de part et d'autre de l'Atlantique sans créer de nouveaux paradis bancaires.
La France a ainsi obtenu gain de cause.
Depuis quelques jours, les banques de Wall Street craignent de se faire voler leurs vedettes par BNP Paribas ou la Société générale !
En Allemagne :
Une révolution économique discrète, mais plus lourde de conséquences se joue aujourd’hui Outre-Rhin.
Le gouvernement «Merkel II» annonce des baisses d'impôts massives (de l'ordre de 24 milliards d'euros par an).
Berlin place la relance en tête de ses priorités économiques. L'équilibre budgétaire est mis de côté, jusqu'en 2013.
Le G20 applaudit en silence le virage allemand en faveur de la demande intérieure. Car Angela Merkel est susceptible sur le sujet. Au G20, la chancelière avait alors refusé tout débat sur son modèle classique de croissance, jugeant les pays anglo-saxons déficitaires et surendettés comme mal placés pour lui faire la morale.
Le pacte conclu avec les libéraux du FPD lui a certainement forcé la main. Ce pacte place Berlin à l'avant-garde du G20. L'Allemagne ne renonce aucunement à fabriquer les voitures et les machines-outils les plus compétitives du monde, au prix de sacrifices sur les salaires.
L’Allemagne ajoute une corde à son arc : la consommation dopée par les baisses d'impôts. Si aux yeux du G20, «Merkel I» était critiquable Merkel II devient ainsi irréprochable.
Source : Figaro 27/10/2009.
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