Actualités
Suisse : la justice américaine vise la banque Leumi. La banque israélienne, disposant une importante filiale en Suisse, pourrait être le prochain établissement dans le vis... / 11.03.2013 /
Suisse : La banque privée Wegelin condamnée à payer 74 mil... La banque privée Suisse, qui avait plaidé coupable d'avoir aidé des citoyens américains à soustraire leur argent au fi... / 05.03.2013 /
Tous les articles >>
France: La rigueur est pour demain.
JEAN PEYRELEVADE - ECONOMISTE ET ANCIEN PRESIDENT DU CREDIT LYONNAIS.
L’Etat a mis ses finances dans une situation inextricable et devra subir l'effet dit de boule de neige de sa dette publique ; l'accroissement exponentiel des intérêts payés effaçant l'amélioration spontanée du solde budgétaire.
Sauf correction sérieuse de trajectoire, l'endettement ne cessera plus d'augmenter. L'histoire est malheureusement bien connue et la démonstration est simple.
En 2009 :
Le déficit public de la France sera de 8 % du PIB. En plus du montant exceptionnel des dépenses de relance, la raison principale en est le recul des recettes fiscales, du fait de la crise économique mondiale.
Cette détérioration est tempérée par des taux d'intérêt très bas qui allègent artificiellement le service de la dette.
On doit s'attendre assurément à un retour des taux d’intérêt à la normale dans les deux prochaines années.
En 2010 :
La hausse des recettes l'emportera sur la hausse des taux d’intérêt. Le déficit public pourrait se réduire d'environ un demi-point de P.I.B. L'euphorie du gouvernement français sera pourtant de courte durée.
En 2011 :
La poursuite de la hausse des taux d'intérêt sur une dette accrue ne pèsera que davantage que la progression des recettes fiscales.
Fin 2011, le déficit remontera à 8 % du P.I.B. avec un endettement total aux alentours de 90 % du P.I.B.
Quelle pourrait être l'évolution ultérieure ?
Si les taux d'intérêt servis aux prêteurs se stabilisent à 4,5 % :
La charge croissante de la dette représentera alors un minimum de 4 points de P.I.B. ; Cette charge viendra bien entendu s'ajouter annuellement à l'encours déjà existant.
L'alourdissement constant de la dette entraînera celui des intérêts payés. Ainsi, le solde budgétaire se détériorera annuellement de 0,2 à 0,25 point de P.I.B.
Qu’espérer dans l'autre sens ?
Si la croissance économique se confirme, on enregistrera une progression des recettes fiscales qui, à fiscalité inchangée, sera plus rapide que celle du P.I.B.
Admettons au regard du passé récent, que les dépenses publiques évoluent en valeur moins vite que le P.I.B., d'un quart de point par an.
Faisons aussi l'hypothèse que le déficit des comptes sociaux demeure stabilisé et varie comme l'inflation.
Ces hypothèses sont assez volontaristes ; Elles impliquent une réduction du déficit primaire d'un quart de point de P.I.B. par an - chiffre rarement atteint depuis 2001.
On observe ainsi que l'alourdissement annuelle de la charge de la dette suffira à lui seul à annuler l'effet positif d'une amélioration très modeste du solde primaire.
Notre première conclusion : avec une politique économique constante, le déficit public va rester au niveau terrifiant de la fin 2009, soit 8 % du P.I.B. Cette répétition systématique du déficit entraînera la dette publique, qui continuera d'augmenter, en valeur absolue comme en pourcentage du PIB.
Ainsi, en 2017, elle sera de l'ordre de 120 % du PIB !
Une telle évolution serait clairement inacceptable pour les marchés financiers ; ils refuseront d'accompagner ce laxisme. Il en sera de même de nos partenaires européens.
En conséquence, une remise en ordre profonde est inéluctable.
Elle implique une réduction des dépenses et augmentation des recettes (impôts et cotisations sociales).
C’est la rigueur c’est à dire vivre à hauteur de ses moyens.
Dans une démocratie éclairée, ce sujet devrait dominer la prochaine campagne présidentielle, puisque ce sujet s'imposera tout au long du prochain quinquennat.
Date : 09.10.2009.
Contactez-nous au
Nos conseillers vous répondent en français
